Crédit d’impôt EHPAD 2026 : la vérité sur la réduction de 25 % (2 500 € maximum)

Maquette de scène miniature : bâtiment d'EHPAD à deux étages avec rampe d'accès, grande feuille de papier vierge surmontée d'une pile de jetons orange, mannequin de bois assis sur un banc

L’essentiel en 30 secondes

Chercher un « crédit d’impôt EHPAD » en 2026 ? Il n’existe pas : les frais d’hébergement et de dépendance en EHPAD ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 %, dans la limite de 10 000 € de dépenses par personne hébergée, soit 2 500 € maximum par an. Contrairement à un crédit d’impôt, elle n’est jamais remboursée : si le foyer ne paie pas d’impôt, elle ne rapporte rien. La transformation en crédit d’impôt, votée par les députés le 25 octobre 2025, n’a pas été retenue dans la loi de finances pour 2026. Ce guide détaille les montants en vigueur, les cases à remplir et un simulateur pour chiffrer votre situation.

Crédit d’impôt EHPAD 2026 : la question que tout le monde se pose

« Crédit impôt ehpad 2026 » : la requête revient chaque année, au moment des déclarations et des débats budgétaires. Elle est aussi régulièrement déçue, parce que le droit fiscal français distingue deux mécanismes que beaucoup de pages web confondent : le crédit d’impôt, qui se rembourse même quand on ne paie pas d’impôt, et la réduction d’impôt, qui se contente de diminuer l’impôt dû.

Or les frais d’EHPAD pèsent lourd dans le budget des familles. Selon les données de la DREES citées dans l’exposé sommaire de l’amendement n° I-1474 déposé à l’Assemblée nationale, le reste à charge mensuel moyen après allocation personnalisée d’autonomie (APA) avoisine 1 800 €, et cette somme dépasse les ressources courantes de 75 % des résidents. Savoir exactement ce que la loi permet de récupérer vaut donc le détour.

Dans cet article : ce que dit le code général des impôts en 2026, texte de Légifrance à l’appui, les dépenses éligibles et exclues, le calcul complet, la déclaration (cases 7CD et 7CE), le cas des enfants qui paient pour un parent, et le sort réel de l’amendement qui promettait un vrai crédit d’impôt remboursable.

Attention

Cet article est une information générale, datée d’août 2026, qui ne remplace pas un conseil professionnel. Les règles fiscales dépendent de votre situation exacte : avant toute décision (entrée en établissement, choix entre réduction et pension alimentaire), faites vérifier votre cas par un conseiller des Finances publiques, un expert-comptable ou un avocat fiscaliste.

Crédit ou réduction d’impôt en EHPAD : la nuance qui change tout

La question posée par la plupart des internautes est simple : peut-on déduire les frais d’EHPAD des impôts ? La réponse officielle tient en une phrase : les frais d’EHPAD ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 %, pas à un crédit d’impôt, et uniquement si le foyer paie de l’impôt.

« Les contribuables, domiciliés en France au sens de l’article 4 B et qui sont accueillis dans un établissement ou dans un service mentionné au 6° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles, dans un établissement délivrant des soins de longue durée, mentionné à l’avant-dernier alinéa du I de l’article L. 6143-5 du code de la santé publique, et comportant un hébergement, à des personnes n’ayant pas leur autonomie de vie dont l’état nécessite une surveillance médicale constante et des traitements d’entretien […] bénéficient d’une réduction d’impôt égale à 25 % du montant des dépenses qu’ils supportent effectivement tant au titre de la dépendance que de l’hébergement. Le montant annuel des dépenses ouvrant droit à la réduction d’impôt ne peut pas excéder 10 000 € par personne hébergée. »

Article 199 quindecies du code général des impôts, version en vigueur depuis le 2 juin 2024 (dernière modification : décret n° 2024-496 du 30 mai 2024). Vérifié sur Légifrance le 21 août 2026.

Capture Légifrance : article 199 quindecies du code général des impôts, version en vigueur depuis le 2 juin 2024, réduction d'impôt de 25 % sur les frais d'hébergement et de dépendance
Légifrance : l’article 199 quindecies du CGI, dans sa version en vigueur depuis le 2 juin 2024. Aucune loi de 2025 ou 2026 ne l’a modifié.

Le texte n’a pas bougé depuis : la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ne mentionne nulle part l’EHPAD, ni l’hébergement des personnes dépendantes (vérification faite sur le texte promulgué, consulté sur Légifrance le 21 août 2026).

Réduction ou crédit : les deux définitions à connaître

Un crédit d’impôt réduit l’impôt à payer, et l’excédent éventuel est remboursé au contribuable : il profite donc aussi aux foyers non imposables, qui reçoivent un virement. Une réduction d’impôt réduit elle aussi l’impôt à payer, mais jamais au-delà de 0 € : si la réduction dépasse l’impôt dû, le surplus est perdu, rien n’est versé. À titre d’exemple, le crédit d’impôt services à la personne (article 199 sexdecies du CGI) est remboursable ; la réduction pour frais d’accueil en établissement (article 199 quindecies) ne l’est pas.

Ce que dit l’administration elle-même

Impots.gouv.fr le rappelle noir sur blanc sur sa page consacrée aux établissements pour personnes dépendantes, modifiée le 8 juillet 2026 : « Pour rappel : les frais d’hébergement dans les établissements pour personnes dépendantes ne donnent droit qu’à une réduction d’impôt, et non un crédit d’impôt. Ainsi, la réduction ne s’appliquera que si vous avez un impôt à payer. »

Quelles dépenses d’EHPAD sont prises en compte en 2026 ?

La réduction se calcule sur les dépenses effectivement supportées dans l’année, après déduction des aides perçues pour les régler. Le tableau ci-dessous résume ce qui compte et ce qui ne compte pas.

Dépense Prise en compte ? Ce qu’il faut savoir
Frais de dépendance (aide à la toilette, accompagnement par du personnel formé, surveillance) Oui Ils forment la base de la réduction
Frais d’hébergement (chambre, restauration, animation) Oui, s’ils s’ajoutent à des frais de dépendance La réduction vise les établissements qui hébergent des personnes sans autonomie de vie : des frais d’hébergement seuls, sans frais de dépendance, n’y ouvrent pas droit
Frais de soins médicaux et paramédicaux Non Ils relèvent de l’Assurance maladie et des complémentaires
APA, aides au logement (APL, ALS), aide sociale à l’hébergement À déduire de la base Versées pour ces mêmes dépenses, elles ne sont pas imposables mais réduisent le montant déclaré
  • Pas de condition d’âge : contrairement à d’autres dispositifs, la réduction s’applique quel que soit l’âge de la personne hébergée (service-public.fr, fiche F17 vérifiée le 15 avril 2026).
  • Établissements concernés : la condition tient au type d’établissement, comme l’écrit l’article 199 quindecies du CGI : il doit héberger des personnes n’ayant pas leur autonomie de vie et nécessitant une surveillance médicale constante. Entrent dans ce cadre les EHPAD, les établissements de soins de longue durée (ex-USLD) et, selon la page impots.gouv.fr dédiée, les maisons de retraite, logements-foyers et maisons d’accueil relevant du même cadre.
  • À l’étranger : un établissement comparable situé dans un autre État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (sauf le Liechtenstein) peut ouvrir droit à la réduction, sous conditions.
  • Le résident doit être domicilié fiscalement en France et les dépenses payées au titre de la dépendance et de l’hébergement doivent être justifiables (factures, attestations de l’établissement).

Bon à savoir

La réduction se déclare pour chaque personne hébergée : un couple dont les deux membres résident en EHPAD peut la demander pour chacun, dans la limite de 2 500 € par personne, soit 5 000 € au total pour le foyer.

Combien rapporte la réduction d’impôt EHPAD ? Le calcul

25 %des dépenses de dépendance et d’hébergement
10 000 €de dépenses retenues par personne hébergée et par an
2 500 €de réduction d’impôt maximale par personne et par an

Le calcul se fait en trois temps : on additionne les dépenses éligibles de l’année, on en déduit les aides perçues, puis on applique 25 % dans la limite de 10 000 € de dépenses par personne hébergée. La réduction obtenue vient ensuite diminuer l’impôt sur le revenu du foyer, sans jamais descendre sous 0 €.

Exemple chiffré

En 2026, Madeleine paie 14 000 € de frais d’hébergement et de dépendance dans son EHPAD, après déduction de son APA et de ses aides au logement. Réduction brute : 25 % de 14 000 €, soit 3 500 €, plafonnée à 2 500 €. Son impôt sur le revenu s’élève à 900 € : la réduction efface tout l’impôt (900 € économisés), mais les 1 600 € restants sont perdus : ils ne sont ni remboursés, ni reportés sur les années suivantes.

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Chiffrez votre situation en 30 secondes. Les montants sont indicatifs et correspondent aux règles en vigueur en août 2026.




Maquette éditoriale : un mur slate arrête une pile de jetons orange, la zone au-delà du mur reste vide, un mannequin de bois tient une feuille vierge
La réduction d’impôt EHPAD est bornée par l’impôt dû : au-delà du mur, le surplus est perdu, contrairement à un crédit d’impôt remboursable (maquette éditoriale).

Comment déclarer les frais d’EHPAD : cases 7CD et 7CE

Pour les dépenses payées en 2026, la déclaration interviendra au printemps 2027 : la déclaration 2026 des revenus de 2025 est terminée depuis le printemps (service-public.fr, fiche F17). La marche à suivre est la même chaque année.

  1. Conservez les justificatifs : factures de l’établissement, attestations des aides perçues, relevés de paiement. L’administration peut les demander pendant trois ans.
  2. Calculez le net : total des frais de dépendance et d’hébergement payés dans l’année, moins les aides perçues (APA, APL, ALS, aide sociale à l’hébergement).
  3. Déclarez le montant : en ligne, à l’étape 3, cochez la case « Réductions et crédits d’impôt » puis remplissez les cases 7CD et 7CE de la rubrique « Dépenses d’accueil dans un établissement pour personnes dépendantes ». En version papier, ces cases se trouvent sur la déclaration annexe n° 2042 RICI.
  4. Laissez l’avance faire son travail : un acompte de 60 % est versé en janvier, calculé sur la réduction accordée lors de la déclaration déposée l’année précédente (revenus de l’avant-dernière année), et non sur les dépenses de l’année en cours ; le solde est payé à l’été et un trop-perçu éventuel est repris en septembre.
Capture de la page impots.gouv.fr : déclaration des frais d'hébergement en EHPAD, cases 7CD et 7CE, réduction d'impôt et non crédit d'impôt
Impots.gouv.fr, « Je suis entré(e) en établissement pour personne dépendante, comment puis-je déclarer mes frais d’hébergement en EHPAD ? », page modifiée le 8 juillet 2026.

Prélèvement à la source

Depuis la mise en place du prélèvement à la source, les contribuables perçoivent en janvier une avance égale à 60 % du montant de certaines réductions et crédits d’impôt accordés lors de la déclaration déposée l’année précédente, c’est-à-dire calculée sur les revenus de l’avant-dernière année, jamais sur les dépenses de l’année en cours. Exemple : l’avance versée en janvier 2026 correspond à la réduction accordée lors de la déclaration déposée en 2025 (revenus de 2024). L’avance concerne notamment les dépenses d’accueil dans un EHPAD : elle est régularisée l’été suivant, en fonction des dépenses réellement déclarées. Si l’avance reçue dépasse la réduction finale, le trop-perçu est remboursé à l’administration en septembre.

Le piège à éviter

Déclarer des dépenses supérieures à celles réellement supportées, ou oublier de déduire les aides perçues, expose à un redressement : l’administration peut demander les justificatifs pendant trois ans. En cas de doute sur un montant, mieux vaut se faire accompagner par le service des impôts des particuliers (0809 401 401) ou un professionnel.

Vous payez l’EHPAD de votre parent : réduction ou pension alimentaire ?

Situation très fréquente : le parent est hébergé, mais c’est l’enfant qui règle tout ou partie de la facture. Deux mécanismes fiscaux se présentent alors, et ils ne se cumulent pas pour les mêmes dépenses.

Critère Réduction d’impôt EHPAD Pension alimentaire
Qui déclare ? Le foyer du résident (la personne hébergée ou un membre de son foyer) L’enfant ou le proche qui verse, à condition que le parent soit dans le besoin (obligation alimentaire, articles 205 et 206 du code civil)
Montant 25 % des dépenses, plafonné à 2 500 € par personne Déductible des revenus de l’enfant, sans plafond dans le cas général, dans la limite des besoins essentiels et à proportion des ressources
Condition clé Le foyer du résident doit payer de l’impôt Versements justifiés (relevés bancaires, factures de l’établissement payées directement)
Cumul Impossible pour les mêmes dépenses : il faut choisir le mécanisme le plus avantageux pour les deux foyers

Concrètement, payer directement les frais de maison de retraite de son parent est une forme admise de pension alimentaire (service-public.fr, fiche F444 vérifiée le 15 avril 2026). Deux précisions utiles : si votre parent perçoit l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), la somme que vous versez directement à l’établissement n’a pas à être déclarée par lui ; et la pension alimentaire versée pour un ascendant hébergé à votre domicile suit un régime forfaitaire : 4 075 € par ascendant hébergé pour la déclaration des revenus de 2025 (déposée en 2026), montant revalorisé chaque année (service-public.fr, fiche F444 vérifiée le 15 avril 2026).

Le choix se calcule, il ne se devine pas

Pour un parent non imposable, la réduction d’impôt ne rapporte rien : la pension alimentaire déduite de vos revenus peut alors être nettement plus intéressante, surtout si votre taux marginal est élevé. À l’inverse, pour un parent imposable, la réduction est simple et immédiate. Le choix dépend de vos revenus, de ceux de votre parent et du montant réel des versements : faites-le chiffrer avant la déclaration.

Autre levier si le parent a plus de 80 ans : certains avantages se cumulent avec la réduction EHPAD, comme le crédit d’impôt services à la personne et l’exonération de cotisations patronales. Nous les détaillons dans notre guide dédié : crédit d’impôt pour personne de 80 ans et plus en 2026.

Le « crédit d’impôt EHPAD » annoncé par la presse : l’histoire de l’amendement

Pourquoi tant de pages annoncent-elles un crédit d’impôt EHPAD en 2026 alors qu’il n’existe pas ? Parce qu’il y a bien eu un projet, voté, puis écarté. Le 25 octobre 2025, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, l’amendement n° I-1474 qui transformait la réduction d’impôt en crédit d’impôt remboursable de 25 %, y compris pour les foyers non imposables, pour les dépenses supportées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027. À titre de repère, la réduction actuelle représente une dépense fiscale de 270 millions d’euros en 2024 (réalisé), puis 312 millions en 2025 et 339 millions en 2026 (prévisions), pour 430 606 ménages bénéficiaires (projet de loi de finances pour 2026, annexe « Voies et moyens » tome 2, dépense fiscale n° 110213, article 199 quindecies du CGI). La transformation en crédit d’impôt aurait étendu cet avantage à tous les résidents, imposables ou non, avant d’être écartée lors de la suite de l’examen budgétaire.

Le texte n’a pas survécu aux navettes : la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été promulguée sans cette mesure. Un précédent existe : un amendement du même numéro, présenté par Marc Le Fur lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2025 (18 octobre 2024), proposait déjà la transformation pour les dépenses 2025 et 2026, sans plus de succès.

  • 18 octobre 2024Amendement n° I-1474 déposé au projet de loi de finances pour 2025 (M. Le Fur) : transformation en crédit d’impôt pour les dépenses 2025 et 2026. Adopté en commission, absent de la loi finale (loi n° 2025-127 du 14 février 2025).
  • 25 octobre 2025Amendement n° I-1474 adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026 : crédit d’impôt remboursable de 25 %, dépenses du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027.
  • 19 février 2026La loi n° 2026-103 de finances pour 2026 est promulguée sans la mesure : aucune mention de l’EHPAD dans le texte final (vérifié sur Légifrance). La réduction de 25 % reste seule en vigueur.
  • 9 juin 2026Question écrite n° 15796 de M. Bruno Bilde au ministre de l’action et des comptes publics (JO du 9 juin 2026, p. 5039) : le parlementaire demande la transformation en crédit d’impôt pour les familles aux revenus modestes. En attente de réponse au 21 août 2026 ; une revérification est programmée lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2027 (automne 2026).
Maquette éditoriale : un mannequin de bois présente une feuille vierge devant une porte fermée bloquée par une barrière rayée orange
La transformation en crédit d’impôt, adoptée par les députés en octobre 2025, n’a pas franchi la porte du budget 2026 (maquette éditoriale).

Méfiez-vous des pages qui annoncent un « crédit d’impôt EHPAD 2026 »

Plusieurs articles en ligne, datés de 2025 ou du début 2026, annoncent l’arrivée d’un crédit d’impôt remboursable « dès le 1er janvier 2026 ». Ces pages décrivent un amendement qui a bien été voté en première lecture, mais qui n’a pas été retenu dans la loi promulguée : elles n’ont pas été corrigées depuis. La règle en vigueur reste celle de l’article 199 quindecies du CGI : une réduction de 25 %, non remboursable. Un nouveau débat aura lieu avec le projet de loi de finances pour 2027, présenté à l’automne 2026 : nous mettrons cet article à jour si le dispositif change.

Cas particuliers : cumul, âge, établissement à l’étranger

Cumul avec le crédit d’impôt services à la personne

La réduction d’impôt en établissement peut se cumuler avec le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile lorsque l’un des membres d’un couple marié ou pacsé est hébergé en EHPAD tandis que l’autre emploie un salarié à son domicile pour l’aider (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, page mise à jour le 27 mars 2026). Le fonctionnement complet du crédit d’impôt services à la personne, ses plafonds et ses conditions, est expliqué dans notre guide du crédit d’impôt services à la personne 2026.

Quel que soit l’âge, mais pas n’importe quel établissement

La réduction s’applique quel que soit l’âge du résident : un actif hébergé temporairement en établissement de soins de longue durée peut aussi la demander, à condition d’être domicilié fiscalement en France et de supporter effectivement les dépenses. L’établissement doit relever du 6° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles (EHPAD conventionné), des soins de longue durée (ex-USLD), ou être un établissement comparable dans un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen ayant conclu une convention d’assistance administrative avec la France (le Liechtenstein est exclu).

Rester à domicile : les alternatives

Si la personne âgée reste à domicile, d’autres dispositifs prennent le relais : le crédit d’impôt pour les repas livrés à domicile (nouveautés 2026 détaillées dans notre article sur le crédit d’impôt repas à domicile pour personne âgée), le crédit d’impôt services à la personne pour l’emploi d’une aide, ou encore les aides aux travaux d’adaptation du logement, dont le crédit d’impôt pour l’adaptation du logement (dit « crédit d’impôt douche sénior ») n’a pas été prorogé au-delà du 31 décembre 2025 : pour les travaux d’adaptation, c’est MaPrimeAdapt’, en place depuis janvier 2024, qui prend le relais (voir notre article sur le crédit d’impôt douche sénior et ses alternatives).

Questions fréquentes sur le crédit d’impôt EHPAD

Les frais d’EHPAD sont-ils déductibles des impôts ?

Non au sens strict : les frais d’EHPAD ne se déduisent pas du revenu imposable. Ils ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 % des dépenses de dépendance et d’hébergement effectivement supportées, après déduction des aides (APA, aides au logement), dans la limite de 10 000 € de dépenses par personne hébergée, soit 2 500 € maximum par an. La distinction est importante : une réduction diminue l’impôt à payer, elle ne diminue pas le revenu sur lequel l’impôt est calculé, et elle n’est jamais remboursée.

Quelle différence entre un crédit d’impôt et une réduction d’impôt en EHPAD ?

Un crédit d’impôt est remboursable : si le crédit dépasse l’impôt dû, l’excédent est versé au contribuable, même s’il ne paie pas d’impôt. Une réduction d’impôt s’impute sur l’impôt dû et s’arrête à 0 € : le surplus est perdu. Les frais d’EHPAD relèvent de la réduction (article 199 quindecies du CGI). Le projet de transformation en crédit d’impôt, voté par l’Assemblée nationale en octobre 2025, n’a pas été retenu dans la loi de finances pour 2026.

Une personne non imposable en EHPAD peut-elle récupérer quelque chose ?

Non, pas via ce dispositif : la réduction d’impôt ne s’applique que si le foyer a un impôt à payer, et elle ne peut pas générer de remboursement. Un résident non imposable ne récupère donc rien de ce côté. C’est précisément la limite que l’amendement I-1474 voulait corriger en transformant la réduction en crédit d’impôt, et qui a été écartée du budget 2026. Les enfants qui paient pour un parent non imposable peuvent en revanche déduire une pension alimentaire de leurs revenus, sous conditions.

Où trouver les cases 7CD et 7CE sur la déclaration ?

En ligne, à l’étape 3 de la déclaration, cochez la case « Réductions et crédits d’impôt : dons, frais de garde d’enfants, emplois à domicile, cotisations syndicales, prestations compensatoires, etc. » située dans la partie « Charges » : cela ouvre l’accès aux cases 7CD et 7CE, dans la rubrique « Dépenses d’accueil dans un établissement pour personnes dépendantes ». Sur la déclaration papier, ces cases se trouvent sur la déclaration annexe n° 2042 RICI.

L’APA est-elle imposable ? Faut-il la déclarer ?

L’allocation personnalisée d’autonomie n’est pas imposable et n’a pas à être déclarée comme revenu. En revanche, elle doit être déduite de la base de la réduction d’impôt : si vous percevez l’APA, vous ne déclarez que les dépenses restées à votre charge. Il en va de même pour les aides au logement (APL, ALS) et l’aide sociale à l’hébergement.

Peut-on cumuler la réduction EHPAD avec le crédit d’impôt services à la personne ?

Oui, dans un cas précis : lorsqu’un membre d’un couple marié ou pacsé est hébergé en EHPAD tandis que l’autre emploie un salarié à son domicile pour l’aider, la réduction en établissement et le crédit d’impôt services à la personne se cumulent. Pour tout savoir sur les plafonds du crédit d’impôt services à la personne, consultez notre guide complet du crédit d’impôt services à la personne.

Le crédit d’impôt EHPAD arrivera-t-il en 2027 ?

Rien n’est acquis. La transformation en crédit d’impôt remboursable a été votée en première lecture en octobre 2025 puis écartée de la loi de finances pour 2026. Une question écrite au gouvernement, publiée le 9 juin 2026, est toujours en attente de réponse au 21 août 2026. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté à l’automne 2026, sera l’occasion d’un nouveau débat : une revérification de ce point est programmée à cette occasion, et cet article sera mis à jour dès qu’une décision sera prise. En attendant, seules les règles actuelles (réduction de 25 %) s’appliquent aux dépenses payées en 2026.

Quels justificatifs faut-il conserver pour la réduction EHPAD ?

Les factures de l’établissement (frais d’hébergement et de dépendance), les attestations des aides perçues (APA, APL, ALS, aide sociale) et les relevés de paiement. L’administration peut les demander pendant trois ans en cas de contrôle. Si vous payez pour un parent, conservez aussi les justificatifs des versements : ce sont eux qui permettent de déduire une pension alimentaire.

Ce qu’il faut retenir en 2026

Le mot-clé « crédit impôt ehpad 2026 » cache une réalité plus nuancée que ce que laissent croire certains titres : il n’existe pas de crédit d’impôt EHPAD remboursable en 2026. Il existe une réduction d’impôt de 25 % sur les frais de dépendance et d’hébergement, plafonnée à 2 500 € par personne hébergée et par an, qui ne profite qu’aux foyers imposables. La réduction se déclare en cases 7CD et 7CE de la déclaration 2042 RICI, avec un acompte de 60 % versé en janvier. Pour les enfants qui paient pour un parent non imposable, la pension alimentaire reste le levier le plus puissant. Et si le débat parlementaire a remis le crédit d’impôt sur la table en 2025, la loi promulguée en février 2026 n’en contient aucune trace : le prochain rendez-vous est le budget 2027.

Un parent entre en EHPAD ? Préparez la déclaration

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Les 3 avantages cumulables après 80 ans

Amandine Carpentier