L’essentiel
Vendre un bien détenu en SCI alors qu’un crédit court encore oblige presque toujours à solder le prêt le jour de l’acte. La facture tient en quatre lignes : indemnité de remboursement anticipé, mainlevée de l’hypothèque, impôt sur la plus-value, puis le solde qui revient réellement à la société.
Le point qui coûte le plus cher est aussi le plus mal expliqué en ligne : le plafond légal de l’indemnité n’est pas réservé aux particuliers. L’article L. 313-1 du code de la consommation vise expressément les crédits souscrits par les personnes morales de droit privé quand ils ne financent pas une activité professionnelle. Le calculateur plus bas chiffre les deux hypothèses.
Une SCI qui vend son immeuble avec un crédit en cours n’a pas le même dossier qu’un particulier qui revend sa maison. La société est propriétaire, elle est emprunteuse, et ce sont ses associés qui récupèrent, ou pas, ce qui reste. Entre le décompte de la banque, la levée de l’hypothèque et l’imposition de la plus-value, l’écart entre le prix affiché et le net encaissé se compte souvent en dizaines de milliers d’euros. Voici comment il se décompose, texte par texte.
Vendre l’immeuble ou céder les parts : deux opérations, deux régimes
Derrière l’expression « vendre sa SCI » se cachent deux opérations qui n’ont presque rien en commun. Dans la première, la société vend son immeuble et continue d’exister. Dans la seconde, les associés vendent leurs parts et la société change de mains avec tout ce qu’elle porte, dette comprise.

| Ce qui se passe | Vente de l’immeuble par la SCI | Cession des parts par les associés |
|---|---|---|
| Vendeur | La société | Chaque associé, pour ses parts |
| Sort du crédit | Remboursé par anticipation le jour de l’acte | Il reste dans la société, sous réserve de l’accord de la banque |
| Indemnité de remboursement anticipé | Due, sauf clause contraire ou cas d’exonération | Aucune, puisque le prêt n’est pas soldé |
| Hypothèque | Mainlevée obligatoire avant le transfert | Elle reste en place, l’immeuble ne bouge pas |
| Imposition du gain | Plus-value immobilière (SCI à l’IR) ou plus-value comptable (SCI à l’IS) | Plus-value sur droits sociaux, article 150 UB du CGI pour une SCI à l’IR |
| Droits d’enregistrement | Droits de mutation sur l’immeuble, à la charge de l’acquéreur | 5 % de la valeur des parts, article 726 I 2° du CGI |
L’article 726 du code général des impôts fixe le taux de 5 % « pour les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière ». Une SCI dont l’actif est principalement composé d’immeubles entre dans cette définition. C’est plus élevé que les 3 % des parts sociales ordinaires, et c’est le premier chiffre à sortir quand on compare les deux sorties.
Ce que la banque a le droit d’exiger
La cession des parts ne se fait pas dans le dos du prêteur. Les contrats de prêt consentis à une SCI comportent presque toujours une clause d’agrément ou d’exigibilité anticipée en cas de changement d’associés ou de gérant, et les cautions personnelles données par les associés sortants ne se transfèrent pas toutes seules. Lisez cette clause avant d’imaginer l’économie : sans l’accord écrit de la banque, le scénario ne tient pas.
L’indemnité de remboursement anticipé : trois critères circulent, un seul est dans le texte

Quand la SCI solde son prêt avant le terme, la banque réclame une indemnité. Pour les crédits immobiliers qui relèvent du code de la consommation, son montant est borné par un article du code, et le plafond est double.
« L’indemnité éventuellement due par l’emprunteur en cas de remboursement par anticipation, prévue à l’article L. 313-47, ne peut excéder la valeur d’un semestre d’intérêt sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, sans pouvoir dépasser 3 % du capital restant dû avant le remboursement. »
Article R. 313-25 du code de la consommation, version en vigueur depuis le 1er juillet 2016, consulté sur Légifrance le 10 août 2026.
Les deux limites se cumulent, et c’est toujours la plus basse qui commande. Sur un capital restant dû de 380 000 € à 1,90 % de taux moyen, le semestre d’intérêts vaut 3 610 € quand les 3 % valent 11 400 € : le plafond réel est 3 610 €. Le calcul ne bascule sur les 3 % qu’au-delà de 6 % de taux moyen, un niveau qu’on ne voit plus guère sur les prêts signés depuis dix ans.
Le critère est la destination du crédit, pas la forme de la société
Reste à savoir si ce plafond s’applique à une SCI. Le champ du chapitre « crédit immobilier » est fixé par l’article L. 313-1 du code de la consommation, dont le 3° vise nommément les personnes morales.
« 3° Aux contrats de crédit mentionnés au 1°, qui sont souscrits par les personnes morales de droit privé, lorsque le crédit accordé n’est pas destiné à financer une activité professionnelle, notamment celle des personnes morales qui, à titre habituel, même accessoire à une autre activité, ou en vertu de leur objet social, procurent, sous quelque forme que ce soit, des immeubles ou fractions d’immeubles, bâtis ou non, achevés ou non, collectifs ou individuels, en propriété ou en jouissance. »
Article L. 313-1 du code de la consommation, version en vigueur depuis le 1er juillet 2016, modifié par l’ordonnance n° 2016-351 du 25 mars 2016.

Le texte ne parle ni du régime fiscal de la société, ni de sa forme, ni du fait qu’elle loue ou non. Il pose une seule question : le crédit finance-t-il une activité professionnelle ? Le même critère revient à l’article L. 313-2, qui exclut du chapitre les prêts « destinés, sous quelque forme que ce soit, à financer une activité professionnelle ». La ligne de partage est donc l’objet réel de l’opération, appréciée au cas par cas, et non une étiquette posée une fois pour toutes sur les SCI.
Ce qu’on lit sur la première page de Google
Nous avons relevé le 10 août 2026 les vingt résultats organiques de la requête « vente SCI avec crédit en cours », soit dix-neuf pages distinctes. Sept seulement évoquent l’indemnité de remboursement anticipé, quatre citent le plafond réglementaire, trois décrivent la mainlevée, et une seule rappelle que les associés répondent des dettes de la société. Surtout, les pages qui abordent la protection de la SCI par le code de la consommation avancent trois critères différents, et aucun ne correspond exactement à celui du texte.
- Le critère de la location. Une page pose en règle générale que la SCI qui détient un bien locatif exerce une activité professionnelle, et en déduit que son indemnité n’est jamais plafonnée. Le texte, lui, demande d’apprécier la destination du crédit, opération par opération.
- Le critère du régime fiscal. Une autre distingue la SCI familiale à l’impôt sur le revenu, protégée, et la SCI à l’impôt sur les sociétés, qui ne le serait pas. L’article L. 313-1 ne mentionne aucun régime fiscal.
- Le critère de la personnalité morale. Une troisième explique qu’une SCI n’est jamais un consommateur, donc jamais protégée. C’est exact pour le taux d’usure, dont l’exclusion vient d’un autre article, mais ce n’est pas ce que dit le 3° de l’article L. 313-1.
Usure et crédit immobilier, deux champs distincts
L’article L. 314-9 du code de la consommation écarte le taux d’usure pour les prêts accordés « à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels ou à une personne morale se livrant à une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale ». C’est une règle propre au taux d’usure. Le champ du chapitre crédit immobilier, et donc du plafond d’indemnité, obéit à l’article L. 313-1. Conclure de l’un à l’autre est un raccourci fréquent, et il coûte cher.
Le test qui tranche en pratique : votre offre de prêt
Inutile d’attendre le jour de l’acte pour savoir dans quel régime vous êtes. Quand un prêt relève du chapitre crédit immobilier, la banque doit émettre une offre en bonne et due forme, et cette offre porte des marqueurs impossibles à confondre. L’article L. 313-34 impose que « l’emprunteur et les cautions ne peuvent accepter l’offre que dix jours après qu’ils l’ont reçue », et que les conditions soient maintenues trente jours. Sortez le dossier de prêt de la SCI et cherchez ces mentions.
- Un document intitulé « offre de prêt », adressé à la SCI et à chaque caution personne physique déclarée.
- Un délai de réflexion de dix jours avant acceptation, et un maintien des conditions pendant trente jours.
- Un taux annuel effectif global, et une clause chiffrée d’indemnité de remboursement anticipé.
- À l’inverse, un « contrat de prêt professionnel » signé immédiatement, sans délai de réflexion, signale un financement hors du chapitre.
Ce test ne remplace pas une qualification juridique, et une banque peut s’être trompée dans un sens comme dans l’autre. Mais lorsque le prêteur a lui-même appliqué le formalisme du crédit immobilier, il est mal placé pour soutenir ensuite que le contrat n’en relève pas. C’est un argument de négociation concret, à poser par écrit avant le compromis.
Les cas où aucune indemnité n’est due
« Pour les contrats conclus à compter de la date d’entrée en vigueur de la loi n° 99-532 du 25 juin 1999 relative à l’épargne et à la sécurité financière, aucune indemnité n’est due par l’emprunteur en cas de remboursement par anticipation lorsque le remboursement est motivé par la vente du bien immobilier faisant suite à un changement du lieu d’activité professionnelle de l’emprunteur ou de son conjoint, par le décès ou par la cessation forcée de l’activité professionnelle de ces derniers. »
Article L. 313-48 du code de la consommation, version en vigueur depuis le 1er juillet 2016.
Le texte parle de « l’emprunteur ». Quand l’emprunteur est une société, l’articulation avec la situation personnelle de ses associés n’a rien d’évident et mérite l’avis de votre notaire. Ce qui est certain, c’est que cette exonération existe et qu’elle est rarement proposée spontanément : si la vente est provoquée par une mutation, un décès ou une cessation forcée d’activité, demandez-la.
Une indemnité ne se présume pas
Un point que l’on oublie souvent : l’indemnité n’est due que si le contrat la prévoit. L’article L. 313-47 raisonne à partir de l’hypothèse « si le contrat de prêt comporte une clause ». Avant de négocier un montant, vérifiez que la clause figure bien aux conditions particulières et demandez à la banque un décompte écrit et daté, capital restant dû, intérêts courus et indemnité compris. Un décompte oral n’engage personne.
Combien la vente laisse-t-elle vraiment à la SCI ?
Le calculateur ci-dessous reconstitue le décompte complet : indemnité au contrat, plafond réglementaire, impôt sur la plus-value selon le régime de la société, puis le solde. Le curseur décisif est le dernier : basculez-le pour voir ce que change l’application du plafond.
Décompte de sortie d’une SCI avec crédit en cours
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Plafond légal applicable
Il resterait environ 287 980 € à la SCI
Le plafond de l’article R. 313-25 fait tomber l’indemnité de 26 600 € à ce que prévoit la loi, soit 3 610 €, 22 990 € de moins que ce qu’annonce le contrat.
Hypothèses : cession en 2026, remboursement total du crédit, frais d’acquisition retenus au forfait de 7,5 % et travaux au forfait de 15 % au-delà de 5 ans de détention (article 150 VB du CGI), impôt sur le revenu à 19 %, prélèvements sociaux à 17,2 % et surtaxe de l’article 1609 nonies G. À l’impôt sur les sociétés, l’estimation retient 85 % du prix amorti sur 30 ans, un taux de 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 % (article 219 I b du CGI). Estimation pédagogique, elle ne remplace pas le décompte de votre banque ni le calcul du notaire.
Information générale à caractère pédagogique. Ce calculateur ne remplace ni le décompte de remboursement anticipé de votre banque, ni le calcul de plus-value établi par le notaire, ni l’avis d’un avocat ou d’un expert-comptable sur la qualification de votre crédit.
La mainlevée de l’hypothèque, et le cas où elle ne coûte rien
Si le prêt de la SCI est garanti par une hypothèque ou un privilège de prêteur de deniers, l’inscription doit être radiée pour que l’acquéreur reçoive un bien libre. C’est la mainlevée. Elle prend la forme d’un acte authentique, elle est à la charge du vendeur, et le notaire la prend en charge dans le déroulé de la vente.

Une mainlevée qui ne se paie pas
Selon service-public.fr, « L’inscription de l’hypothèque prend fin automatiquement (sans frais, ni démarche à faire), 1 an après la dernière échéance de remboursement du crédit immobilier ». Si le prêt de la SCI arrive à son terme dans quelques mois, décaler l’acte peut suffire à économiser l’acte de mainlevée. La comparaison se fait avec le coût de portage du bien, évidemment.
Quand la garantie n’est pas une hypothèque mais un cautionnement d’organisme, il n’y a ni inscription à radier ni mainlevée à payer, et une partie de la contribution versée au départ peut être restituée selon les règles de l’organisme. C’est l’un des arbitrages que nous détaillons dans notre comparaison entre hypothèque et caution pour un crédit immobilier. Dans le calculateur, mettez simplement 0 dans le champ des frais de mainlevée.
Le montant relève du tarif réglementé des notaires. Service-public.fr donne le seul repère utile : « Le montant de ces frais dépend de la valeur du crédit initial. » Autrement dit, il se calcule sur le prêt garanti au départ, pas sur ce qu’il vous reste à rembourser. Le notaire le chiffre à l’euro près dès le compromis, sur simple demande. Nos repères sur le calcul des frais de notaire valent aussi pour cette ligne.
La plus-value : ce que le remboursement du crédit ne change pas
L’erreur la plus coûteuse
Rembourser le crédit ne réduit pas l’impôt d’un euro. L’article 150 V du code général des impôts calcule la plus-value comme « la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition par le cédant », et l’article 150 VB énumère limitativement ce qui vient majorer ce prix d’acquisition. Ni le capital remboursé, ni les intérêts, ni l’indemnité de remboursement anticipé n’y figurent. Une SCI très endettée paie exactement le même impôt qu’une SCI qui a tout payé comptant.
SCI à l’impôt sur le revenu : le régime des particuliers
Une SCI qui n’a pas opté pour l’impôt sur les sociétés relève des articles 8 à 8 ter du code général des impôts. Sa plus-value suit le régime des particuliers de l’article 150 U, ce que service-public.fr formule ainsi : l’imposition vise la « Vente de bien ou droits par l’intermédiaire d’une société civile immobilière (non soumise à l’impôt sur les sociétés) ». Le prix d’acquisition peut être majoré des frais d’acquisition, au réel ou au forfait de 7,5 %, et des travaux, au réel ou au forfait de 15 % du prix d’achat au-delà de cinq ans de détention.
| Durée de détention | Abattement par année, assiette impôt sur le revenu | Abattement par année, assiette prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Jusqu’à 5 années | 0 % | 0 % |
| De la 6e à la 21e année | 6 % | 1,65 % |
| 22e année révolue | 4 % | 1,6 % |
| Au-delà de la 22e année | Exonération | 9 % |
| Au-delà de la 30e année | Exonération | Exonération |
Source : fiche service-public.fr F10864 sur la plus-value immobilière des particuliers, vérifiée le 15 avril 2026.
Le taux est de 19 % à l’impôt sur le revenu (article 200 B du CGI) et de 17,2 % de prélèvements sociaux, sur deux assiettes différentes. Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, la taxe de l’article 1609 nonies G ajoute de 2 à 6 %. Attention à une idée répandue : l’exonération de résidence principale de l’article 150 U II 1° vise le logement qui constitue « la résidence principale du cédant au jour de la cession ». La transposition à un associé qui occupe le bien de la SCI obéit à des conditions précises, à faire valider avant de compter dessus.
SCI à l’impôt sur les sociétés : l’amortissement se paie à la sortie
À l’impôt sur les sociétés, la SCI amortit l’immeuble pendant toute la détention, ce qui allège le résultat imposable année après année. À la vente, la plus-value se calcule sur la valeur nette comptable, donc sur un prix de revient déjà largement amorti. Il n’existe ni abattement pour durée de détention, ni exonération au bout de vingt-deux ou trente ans. Plus la détention a été longue, plus la note de sortie est lourde.
Le taux est celui de l’article 219 I du CGI : « Le taux normal de l’impôt est fixé à 25 % », avec un taux réduit de 15 % « dans la limite de 42 500 € de bénéfice imposable par période de douze mois » pour les sociétés dont le chiffre d’affaires n’excède pas 10 millions d’euros et dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Et une fois l’impôt payé, l’argent est encore dans la société : le sortir vers les associés déclenche une imposition supplémentaire sur les dividendes.
Le même dossier, deux régimes
Immeuble acheté 480 000 € en 2019, revendu 720 000 € en 2026, 380 000 € de capital restant dû. À l’impôt sur le revenu, l’impôt de plus-value ressort à 47 510 €. À l’impôt sur les sociétés, avec 85 % du prix amorti sur 30 ans, il monte à 79 550 €, soit 32 040 € de plus, et le solde reste dans la société. C’est le prix différé de sept années d’amortissements déduits des loyers.
Après la vente, la dette ne disparaît pas toute seule

Le scénario noir d’une vente en SCI n’est pas fiscal, il est patrimonial : le prix ne couvre pas le capital restant dû. Cela arrive après un achat au plus haut, après des travaux qui n’ont pas créé de valeur, ou sur un prêt in fine dont le capital n’a jamais été amorti. La société reste alors débitrice du solde, sans l’immeuble qui le garantissait.
« A l’égard des tiers, les associés répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur part dans le capital social à la date de l’exigibilité ou au jour de la cessation des paiements. »
Article 1857 du code civil, version en vigueur depuis le 1er juillet 1978.
« Indéfiniment » ne veut pas dire « solidairement » : chaque associé répond à hauteur de sa quote-part, mais sans limite de montant sur cette quote-part, patrimoine personnel compris. L’article 1858 du même code ajoute un garde-fou de procédure : « Les créanciers ne peuvent poursuivre le paiement des dettes sociales contre un associé qu’après avoir préalablement et vainement poursuivi la personne morale. » La banque doit donc épuiser ses recours contre la SCI avant de se tourner vers vous. Elle le fera.
Les cautions personnelles survivent à la vente
La plupart des prêts consentis à une SCI familiale sont adossés à des cautionnements personnels des associés. Vendre l’immeuble ne libère pas ces engagements tant que la dette garantie n’est pas intégralement éteinte. Exigez de la banque une mainlevée écrite des cautions en même temps que la quittance du prêt, et conservez-la.
Quand le prix ne suffit pas, la sortie passe rarement par la vente seule. Un apport en compte courant d’associé, une renonciation partielle de la banque ou un refinancement du solde sur une autre garantie sont les trois pistes habituelles. Sur ce dernier point, notre guide du rachat de crédit immobilier détaille les conditions réelles d’acceptation.
Le calendrier réel, et les documents à obtenir avant de signer
- Six à huit semaines avant le compromis Relecture du contrat de prêt de la SCI : clause d’indemnité, clause d’agrément en cas de cession de parts, cautions données. C’est aussi le moment de vérifier si l’offre portait le formalisme du crédit immobilier.
- Avant le compromis Demande écrite à la banque d’un décompte de remboursement anticipé daté, distinguant capital restant dû, intérêts courus et indemnité. Demande au notaire du coût de la mainlevée.
- Au compromis Mention du crédit en cours et de la mainlevée à intervenir, et décision d’assemblée autorisant le gérant à vendre lorsque les statuts l’exigent.
- Entre compromis et acte Décompte définitif arrêté à la date prévue de l’acte, préparation de l’acte de mainlevée, simulation de plus-value par le notaire.
- Le jour de l’acte Le notaire reçoit le prix, règle la banque, verse l’impôt de plus-value et remet le solde à la société.
- Après l’acte Publication de la mainlevée au service de la publicité foncière et radiation de l’inscription. Obtenez la lettre de mainlevée des cautions.
Le calendrier d’une vente avec crédit en cours n’est pas plus long que celui d’une vente ordinaire, à condition que le travail bancaire soit lancé tôt. Ce sont les délais côté financement de l’acquéreur qui commandent, comme le montre notre calendrier des délais d’un crédit immobilier.
Racheter les parts à crédit : le seuil change le 20 novembre 2026
Quand la sortie choisie est la cession des parts, l’acquéreur emprunte souvent à titre personnel pour les payer. Ce prêt, souscrit par une personne physique pour acheter des droits sociaux, relève du crédit à la consommation lorsqu’il reste sous le plafond de l’article L. 312-1 du code de la consommation. Ce plafond est aujourd’hui de 75 000 €, avec un plancher de 200 €. Il change bientôt.
« Les dispositions du présent chapitre s’appliquent à toute opération de crédit mentionnée au 6° de l’article L. 311-1, qu’elle soit conclue à titre onéreux ou à titre gratuit et, le cas échéant, à son cautionnement, dès lors que le montant total du crédit est inférieur ou égal à 100 000 euros. »
Article L. 312-1 du code de la consommation, version en vigueur à partir du 20 novembre 2026, modifié par l’ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025.

Deux changements, donc : le plafond passe de 75 000 à 100 000 €, et le plancher de 200 € disparaît du texte. Concrètement, un rachat de parts de SCI financé entre 75 000 et 100 000 € basculera dans le régime protecteur du crédit à la consommation, avec ses quatorze jours de rétractation et son formalisme d’offre. La note de Légifrance précise que « les contrats de crédit en cours au 20 novembre 2026 restent régis par les dispositions du code de la consommation et du code monétaire et financier dans leur rédaction antérieure » : la règle ne vaut donc que pour les crédits signés à partir de cette date.
Si vous hésitez entre les deux montages, ce détail de calendrier peut peser. Pour comparer les mensualités et le TAEG réel des deux financements, notre simulateur de crédit gratuit couvre les durées de la consommation comme de l’immobilier.
Questions fréquentes
Est-il obligatoire de rembourser le crédit en cas de vente ?
Oui dès lors que l’immeuble sort du patrimoine de la SCI. L’acquéreur exige un bien libre de toute inscription, ce qui suppose de solder le prêt et d’obtenir la mainlevée. Le contrat de prêt prévoit d’ailleurs presque toujours l’exigibilité anticipée en cas d’aliénation du bien financé. La seule façon courante de conserver le crédit est de vendre les parts au lieu de l’immeuble.
Qui rembourse l’emprunt d’une SCI ?
La société, puisque c’est elle qui a souscrit le prêt et qui encaisse le prix de vente. En pratique, le notaire prélève le décompte bancaire sur le prix séquestré avant de remettre le solde à la SCI. Si le prix ne suffit pas, l’article 1857 du code civil laisse les associés tenus du reliquat, à proportion de leurs parts.
L’acquéreur peut-il reprendre le crédit de la SCI ?
Pas le crédit lui-même, sauf clause de transférabilité rare et accord exprès du prêteur. En revanche, s’il achète les parts de la société, il reprend la SCI avec son prêt en cours. La banque peut alors exiger de nouvelles garanties, et notamment le cautionnement du nouvel associé.
L’indemnité de remboursement anticipé est-elle plafonnée pour une SCI ?
Cela dépend de la destination du crédit, pas du régime fiscal de la société. Le 3° de l’article L. 313-1 du code de la consommation inclut dans le chapitre crédit immobilier les contrats souscrits par les personnes morales de droit privé lorsque le crédit ne finance pas une activité professionnelle. Quand le chapitre s’applique, le plafond de l’article R. 313-25 joue. Faites qualifier votre situation, l’enjeu se compte en dizaines de milliers d’euros.
Rembourser le prêt réduit-il l’impôt sur la plus-value ?
Non. La plus-value est la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition majoré des seuls éléments listés à l’article 150 VB du code général des impôts. Le capital remboursé, les intérêts et l’indemnité de remboursement anticipé n’en font pas partie. L’endettement change ce que vous encaissez, pas ce que vous devez au fisc.
Combien de temps prend une vente en SCI avec un crédit en cours ?
Le même délai qu’une vente ordinaire pour la partie notariale, soit trois à quatre mois entre compromis et acte, plus quelques semaines pour la publication de la mainlevée après l’acte. Ce qui allonge le calendrier, c’est un décompte bancaire demandé trop tard ou une assemblée d’associés qui n’a pas été convoquée.
Faut-il l’accord de tous les associés pour vendre ?
Cela dépend des statuts. La vente de l’unique immeuble dépasse souvent les pouvoirs du gérant et suppose une décision collective, parfois à l’unanimité. Relisez la clause d’objet et la clause de pouvoirs avant de signer un compromis : un acte pris sans l’autorisation requise expose la vente à contestation.
Que se passe-t-il si le prix ne couvre pas le capital restant dû ?
La SCI reste débitrice du solde et doit le refinancer, l’apurer par des apports en compte courant ou négocier avec la banque. Les cautions personnelles restent engagées tant que la dette n’est pas éteinte. Le calculateur affiche ce cas : si le net devient négatif, il indique le montant qui manque pour solder l’opération.
Ce qu’il faut retenir avant de signer
Une vente en SCI avec crédit en cours se prépare avec trois documents et une question. Les trois documents sont le contrat de prêt complet, le décompte bancaire daté et la simulation de plus-value du notaire. La question est celle de la destination du crédit, parce que d’elle dépend un plafond légal qui peut diviser l’indemnité par plus de sept dans l’exemple du calculateur.
- Le plafond de l’article R. 313-25 est double : un semestre d’intérêts au taux moyen du prêt, et 3 % du capital restant dû, la plus basse des deux valeurs l’emportant.
- Le 3° de l’article L. 313-1 vise les personnes morales de droit privé : le critère est la destination du crédit, pas la forme sociale ni le régime fiscal.
- Rembourser le crédit ne réduit jamais la plus-value imposable.
- À l’impôt sur les sociétés, les amortissements déduits pendant la détention se paient à la sortie, sans abattement de durée.
- Les cautions personnelles et l’obligation aux dettes de l’article 1857 du code civil survivent à la vente tant que la dette n’est pas éteinte.
Un crédit à reprendre après la vente ?
Comparez les offres avant de vous réengager, que ce soit pour racheter des parts ou pour refinancer un solde.
Sources Code de la consommation, articles L. 312-1 (version en vigueur à partir du 20 novembre 2026), L. 313-1, L. 313-2, L. 313-34, L. 313-47, L. 313-48, L. 314-9 et R. 313-25, consultés sur Légifrance le 10 août 2026. Code civil, articles 1857 et 1858. Code général des impôts, articles 8, 150 U, 150 V, 150 VB, 150 VC, 150 UB, 200 B, 219 I et 726, ainsi que la taxe de l’article 1609 nonies G. Fiches service-public.fr F10864 sur la plus-value immobilière des particuliers (vérifiée le 15 avril 2026) et « Peut-on faire lever une hypothèque ? » (vérifiée le 3 janvier 2025) et « Que devient l’hypothèque quand le crédit immobilier est remboursé ? » (vérifiée le 26 décembre 2024).
Cet article donne une information générale à jour au 10 août 2026. Il ne remplace pas un conseil professionnel : sur une vente en SCI, la qualification du crédit, le calcul de la plus-value et la rédaction des actes relèvent de votre notaire, de votre expert-comptable ou de votre avocat.






